Le chanbara, qu'est-ce que c'est ?
Un sport de combat au sabre souple, né au Japon en 1971, ouvert à tous les âges. Et aussi un genre de films de sabre.
Selon la fédération française et Wikipédia, le mot chanbara (チャンバラ) est une onomatopée japonaise qui évoque le bruit des sabres qui s'entrechoquent. Il a deux sens : un sport de combat pratiqué avec des sabres souples, et un genre de films de sabre. Ce site parle surtout du sport.
Le sport chanbara
Le sport chanbara (スポーツチャンバラ, « supōtsu chanbara », que les Japonais abrègent en spochan) est un combat au sabre où les armes sont rembourrées, pas les combattants. On porte seulement un casque léger et des gants : on peut donc bouger librement et toucher franchement, sans se faire mal.
Contrairement à d'autres arts du sabre, le chanbara est peu codifié : toute coupe bien portée peut défaire l'adversaire. Et on ne combat pas toujours à armes égales : sabre court contre lance, deux sabres contre bouclier… C'est ce mélange de liberté et de jeu qui plaît autant aux enfants qu'aux adultes.
- Les armes : kodachi, chōken, nitō, yari et les autres.
- Les combats : les règles.
- La progression : kyu et dan.
- Pour les familles : le chanbara pour les enfants.
Un peu d'histoire
- 1971 : au Japon, Tetsundo Tanabe fonde le goshindō (護身道, « la voie de la protection de soi ») avec quelques escrimeurs. C'est l'origine du sport chanbara. Le constat de départ : les enfants n'ont plus de terrains vagues pour jouer au sabre avec un bâton ; on va donc transporter ce jeu dans les gymnases, en toute sécurité.
- 1974 : premier championnat de « kodachi goshindō » (le combat au sabre court). Peu à peu, le sabre long, la lance et d'autres armes s'ajoutent, et le nom de sport chanbara s'impose.
- 1990 : création de l'Association internationale de sport chanbara (ISCA) et du premier championnat du monde.
- 1994 : le chanbara arrive en France, importé par quatre kendokas : Kenichi Yoshimura, Claude Hamot, Claude Pruvost et Jean-Claude Girot.
- 1998 : le chanbara devient une discipline officielle de la Fédération française de judo (FFJDA), au sein du Comité national de kendo et disciplines rattachées (CNKDR).
- 2004 : le premier championnat d'Europe a lieu en France.
- 2005 : premiers championnats de France et création d'une équipe de France.
L'esprit du chanbara
Pour son fondateur, ce sport ne devrait même pas avoir besoin d'arbitre : si chacun reconnaît honnêtement qu'il a été touché, et félicite son adversaire, personne n'a besoin d'intervenir. Il appelle cela jishin shinpan (自心審判), « s'arbitrer soi-même ». Le chanbara repose sur trois idées : l'équité, la sécurité et la liberté.
Le chanbara vient d'un art de protection de soi : le but n'est pas seulement de toucher, mais de toucher sans être touché. C'est pourquoi une touche simultanée (aiuchi) n'est pas une bonne affaire : dans les règles internationales, en combat en un point, elle fait perdre les deux combattants.
Un sport sûr
Les armes sont en mousse sur une âme souple, ou gonflables : elles sont conçues pour toucher sans blesser. Le casque protège la tête et le visage, les gants protègent les mains. En France, armes et casques doivent être homologués pour la compétition. Comme dans tout sport de combat, la sécurité dépend aussi de l'encadrement : échauffement, espace suffisant, respect des consignes.
Le chanbara au cinéma
Au Japon, chanbara désigne aussi un genre de films : les films de sabre, qu'on appelle souvent en français « films de samouraïs ». On le rattache au film historique japonais (jidai-geki, 時代劇). Les Sept Samouraïs d'Akira Kurosawa (1954) en est un exemple célèbre. Le sport a gardé le nom : il fait revivre, en toute sécurité, les duels de ces films.
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